Quelques éléments de mon parcours professionnel et personnel

Pourquoi cet exercice "biographique" ?

    Une soif de savoir et une curiosité intellectuelle sans cesse aux aguets me poussent à rester encore aujourd'hui un éternel étudiant et à explorer de nouveaux champs de la connaissance. Cet appétit de découvertes et d’innovation se traduit aussi dans des choix professionnels où je suis guidé par la qualité des projets et des personnes avec lesquelles j’ai la chance de partager des objectifs et des valeursTrès souvent les personnes que je rencontre n’imaginent pas que j’aie ou que j’aie eu une autre activité que celle pour laquelle ils me connaissent. Cet éclectisme et les divergences que je m’autorise sont un défi permanent.

     Changer de secteur d’activité, que ce soit professionnellement ou dans le champ des savoirs, cela suppose toujours de se remettre en question, avec la place de doute que cela présume. Cela implique souvent de renoncer à se prévaloir d’une expérience « de longue date » et d’un CV ultra spécialisé. Alors, pour ceux que cela peut intéresser, je me suis prêté à cet exercice qui consiste à retracer à grands traits les influences et choix qui m’ont guidé, en cohérence avec mes valeurs, mes aspirations, mes rêves parfois et surtout avec engagement.

Au départ... 

    En raison sans doute de mes bonnes dispositions en mathématiques et d'un grand intérêt pour l'informatique depuis mon plus jeune âge, j’ai consacré mes humanités à me préparer à un examen d'entrée "aux ingénieurs",  ou à une grande école de commerce (l'entrepreneuriat me semblait une bonne manière de gagner mon indépendance et de gagner ma vie en faisant ce que je voulais). Puis avant l’année terminale, la « rhéto », j'ai eu la chance de faire un bref séjour d'échange au Japon. Un premier grand voyage qui a changé ma vision du monde et aussi des études...  

Le choix de la sociologie  

     Au lieu de me "spécialiser", j'ai donc choisi de m'orienter vers un parcours le plus ouvert possible à différentes disciplines et à la connaissance de l'humain et des cultures. Les parcours que permettaient la psychologie ou la science politique m'intéressaient mais c'est en sociologie, discipline assez peu connue encore à l'époque, que j'ai choisi de m'inscrire à l'Université de Liège. Lors d'une séance d'information un professeur m'avait pourtant dit : "Ne t'inscris surtout pas ici ! Il y a d'autres facultés bien plus intéressantes à Bruxelles, même Louvain et pourquoi pas Paris ou aux Etats-Unis si tu veux vraiment étudier la sociologie et puis, toi qui t'intéresse à l'art, tu devrais faire l'INSAS ou La Cambre... c'est en observant et en créant qu'on fait vraiment un métier de sociologue".
     Je ne l'ai donc pas totalement écouté puisque je me suis inscrit à l’Université de Liège mais que j’ai aussi emporté les Éléments de sociologie d’Henri Mendras qu’il m’avait recommandé dans le sac à dos qui m’accompagnera pour un vaste tour d’Europe cet été de mes dix-huit ans. En première année j’ai eu l'occasion de suivre ses cours de sociologie de la vie quotidienne qui me rassuraient un peu sur mon choix car d’autres cours parfois ânonnés sans grand talant dans des auditoires sur-bondés me faisaient préférer l’école buissonnière. Et je me suis tout de suite senti très à l’aise dans ce campus du Sart-Tilman, en pleine nature, qui ressemblait un peu à l’idée que je me faisais de Berkley et dont le domaine offre un musée d’art contemporain en plein air. Et puis il y avait cette bibliothèque construite m’avais-t-on dit sur le modèle d’une abbaye médiévale... des lieux bien accueillants où j’étais gourmand de savoir et souvent rempli de joie.
     J'ai gardé à l'esprit de cette période l'idée que si les études et le lieu où on les faits sont une chose susceptible de déterminer notre avenir, la manière dont on profite des opportunités de se former, d'avoir accès à la connaissance et d'utiliser ce temps de développement personnel en est une autre bien plus importante.   

Une vie universitaire « ouvroir » de potentiels   

     Les études universitaires, avec leurs horaires de cours peu chargés en fin de compte, et la grande flexibilité des programmes, m'ont permis de piocher à droite et à gauche dans les différentes faculté selon mes intérêts et aussi des rencontres avec des personnalités qui m'ont inspirées. Un professeur de statistiques (Jim Lindsey qui avait commencé sa carrière en étudiant les systèmes de castes en Inde, passionné de nature, extrêmement discret alors qu’il était une sommité mondialement connue...) m’a confié ses travaux pratiques (y compris de cours que je suivais moi-même) et m’a recommandé à son collègue professeur d’informatique pour les mêmes fonctions...
     Premier pied à l’étrier d’une carrière universitaire où je mettais à profit mon intérêt, assez peu répandu dans les sciences humaines, pour les « méthodes quantitatives ». Bien entendu je plongeais dans la lecture des textes fondateurs de la discipline dès le début, cela me semblait aller de soi, même si mes condisciples n’en faisaient pas tous tout autant (finalement les professeurs nous demandaient le plus souvent de leur répéter avec autant d’exactitude que possible ce qu’ils avaient eux-mêmes dit ou écrit, ce qui me décevait je l’avoue). 
     Mes temps libres me donnaient aussi l’occasion de pratiquer la peinture et la photographie totalement en autodidacte mais avec des coups de pouces aussi bien de mes parents tous deux artistes que d’un « tonton » préféré, lui-même photographe, qui m’avait transmis le matériel nécessaire à me constituer un laboratoire.  

Se forger des outils    

     J’étais alors convaincu qu’un bon forgeron forge d’abord ses outils et devenir sociologue passait donc par la méthodologie et l’épistémologie. Celui qui deviendra par la suite mon « patron » à l’Université, René Doutrelepont, enseignait ces matières. Mais comme la philosophie m’intéressait particulièrement (Pierre Bourdieu, sociologue vedette de cette génération, était en fin de compte au départ philosophe tout comme Auguste Comte, Gabriel Tarde, Michel Foucault, Bruno Latour, Anthony Giddens, Jürgen Habermas, Isabelle Stenghers... et bien d’autres que j’étais avide de lire), je me suis arrangé pour pouvoir suivre tous les cours de philosophie moderne et contemporaine du programme de la licence en philosophie.
     J’ai eu la chance qu’un professeur de cette faculté extrêmement brillant, Daniel Giovannangeli, accepte de diriger mon travail de fin d’études, intitulé « La nouvelle dimension sociologique », qui explorait les applications des théories de la complexité issues des nouvelles sciences aux sciences sociales. Au-delà de la philosophie, et aussi par le fait de rencontres avec des professeurs inspirants, mon parcours m’a aussi amené à approfondir autant que c’était possibles mes connaissances en psychologie sociale et en éthologie animale (discipline dans laquelle j’ai bien failli faire un doctorat mais le terrain de recherche qui m’intéressait venait tout juste d’être occupé par une jeune doctorante du nom de Vinciane Despret... dont je suis le parcours encore aujourd’hui avec une grande admiration).  

Une carrière de chercheur... Épistémologue et pragmatique   

     Au terme de ma licence j’ai cependant entamé une carrière de chercheur en m’orientant vers la méthodologie des sciences sociales, l’épistémologie, les études d’opinion et la prospective. Mais aussi en assumant des fonctions de coordination et de gestion d’équipe, ce qui correspondait à la mission que j’avais négociée dès le début de mon premier contrat avec René Doutrelepont (qui était alors Chef de travaux et au début de sa carrière). Le défi que représentait la recherche appliquée et le lien avec la réalisation concrète d’études permettant de répondre pragmatiquement à des questions et enjeux de sociétés étaient réellement mes principale source de motivation.
     Un parcours de recherche plus classique au FNRS ou comme assistant m’aurait bien entendu intéressé, et conduit naturellement vers une thèse de doctorat (et probablement une carrière académique d’enseignement) mais les places étaient rares et le timing déterminant. J’ai cependant, dans le cadre de mes recherches personnelles, continué à travailler sur les notions de complexité sociale, les réseaux sociaux, la simulations en sciences sociales et plus généralement sur la confiance comme condition de possibilité du lien social. Vaste paradigme dont je n’ai pas encore fini d’explorer tous les aspects... Mais faire ma thèse n’était pas réellement une priorité. Ce pourquoi j’étais payé, c’était plutôt de permettre à d’autres de faire leur thèse et ce fut un succès.  

Faire de la recherche et poursuivre d’autres projets   

     Alors que j’étais donc déjà chercheur j’ai saisi l’opportunité de poursuivre également les études d’art qui restaient une de mes ambitions. N’ayant jamais cessé de pratiquer la photographie, je souhaitais aller un pas plus loin en me frottant a tous ses aspects techniques et théoriques. Je n’avais cependant pas la possibilité de reprendre, à ce moment de mon parcours, des études à temps plein, et c’est l’Institut Saint Luc de Liège qui offrait la seule option accessible permettant un accès à la profession de photographe. Deux années et demie plus tard j’obtenais mon diplôme avec mention... et j’intégrais aussi le groupe Quanta de recherche photographique. Avec Roland Castro et les autres membres du groupe, j’ai eu l’occasion pendant dix ans de développer une approche de la photographie divergente des courant « iconiques » en ce sens que la recherche que nous pratiquions se focalisait sur le médium photographique lui-même et non sur le « sujet » photographié. Ceci m’a aussi donné l’occasion d’exposer dans de nombreuse galeries aux quatre coins du monde et de faire la rencontre de grandes personnalités de la photographie que ce soit en Arles pour la grand-messe annuelle bien connue ou dans les musées et conférences. J’ai également saisi les opportunités de créer des passerelles entre mes activités en explorant la sociologie de l’art et les théories photographique issues de la philosophie, mais aussi la sociologie visuelle comme méthodologie par exemple.  

L’informatique comme instrument transversal  

     Pendant plusieurs années mes bons contacts, développés comme élève assistant au départ, avec les équipes du Medialab (informatique de gestion) ont résulté en des opportunités de prendre le train de l’Internet encore naissant. Très naturellement l’apprentissage du codage en HTML, Java, Javascript... me sont apparus comme nécessaires. Mais j’ai aussi perçu les enjeux des réseaux sociaux virtuels (bien avant la création de Facebook), et les opportunités de faire de la simulation dans les sciences sociales avec des environnement virtuels. Ceci m’a conduit à participer au développement des premières solutions de e-gouvernement à destination des communes wallonnes avec René Moors et Michaël Schyns.  

Une « grande école » de commerce comme « récompense »  

     Avec en main des outils qu’étaient la sociologie, la psychologie sociale et la photographie, l’idée de développer mes compétences dans les domaines du marketing et de la publicité a lentement germé dans mon esprit. Ça tombait bien, mon équipe universitaire « marchait bien » et j’arrivais à dégager une petite marge et quelques ressource financières bien utiles pour alimenter le fonds documentaire des bibliothèques... mais aussi, avec l’accord des autorités académiques, de m’inscrire à un troisième cycle à la Solvay Business School (ULB) qui m’avait fait rêver lorsque j’étais plus jeune. Une formation très dense et très riche dispensée en français, néerlandais et anglais pour laquelle les travaux en groupes ont été sans doute la phase la plus enrichissante. J’y ai aussi rencontré des personnalités brillantes et découvert que l’esprit « alumni » des grandes écoles n’est pas surfait. Des amis sont devenus « marketeur de l’année » en Belgique mais d’autres m’ont aussi offert l’occasion de travailler sur des missions pour de grands groupes à l’étranger comme Nestlé par exemple.    

Valoriser la recherche une première expérience entrepreneuriale   

     De fil en aiguille, l’idée de prodiguer des conseils et de développer des outils de prise d’informations auprès du grand public ou de groupes cibles spécifiques, non plus pour des acteurs publics mais aussi pour le secteur privé s’est imposé. J’étais devenu membre du Conseil d’Administration et du Comité de Direction de l’Université et j’étais en première ligne pour voir ce que les chercheurs faisaient pour valoriser leurs innovations. La logique de spin-off universitaire battait son plein et après m’être formé avec d’autres chercheurs de tous horizons, dans le cadre d’un séminaire d’une année très enrichissant, j’ai développé mon propre projet qui était alors l’une des premières initiatives issue des sciences humaines. Un vrai défi car la valorisation des « savoir-faire » était bien moins balisée qui le transfert de brevets par exemple. Malgré tout, la spin-off TARGET FORESIGHT, 69ème de l‘ULg, a vu le jour en grandes pompes en s’associant à un groupe qui disposait de moyens logistiques importants (call center de plusieurs centaines de personnes) impossibles à maintenir au sein de l’Université.  

Un horizon universitaire qui se brouille subitement     

     Le premier avril 2005, René Doutrelepont que j’avais accompagné la plus grande partie de sa carrière, est décédé inopinément alors qu’il avait reçu tous les honneurs académiques possibles et qu’il s’investissait pleinement pour porter ce qui était alors l’Institut des sciences sociales. Il me faisait part de ses inquiétudes concernant sa santé parfois mais je me voulais toujours rassurant et j’étais convaincu que notre partenariat se poursuivrait encore au moins pendant dix ans... Avec son départ c’est plus qu’un mentor que j’ai perdu et mes horizons universitaires se sont subitement brouillés. Après un moment de stupeur, avec les membres de son équipe et d’autres proches impliqués dans nos recherches, nous lui avons consacré une publication commune, en forme d’hommage, autour des thèmes qui ont guidé son activité scientifiques (Voir Fédéralisme Régionalisme, Vol 6 : 2005-2006).
     Il s’imposait donc de réorganiser l’équipe et surtout de redéfinir une trajectoire pour la suite. Mon collègue et ami Marc Jacquemin, qui avait obtenu le statut de premier assistant, semblait tout désigné pour reprendre le flambeau d’une grande partie de ses enseignements. De mon côté il m’a été confié d’assurer une transition, seul aux commandes du CLEO et de la spin-off, avec comme «tuteur » le Doyen de ma faculté. Dans le même temps j’assurais, comme maître de conférences, la suppléance de certains des cours de méthodologie et de sociologie laissés vacants, mais aussi des cours de statistique du professeur James K. Lindsey qui partait quant à lui à la retraite.
     Mon CV n’était cependant pas celui d’un « Académique », ce n’était pas ce que j’avais envisagé à ce moment et je n’entrais pas en lice pour m’engager dans une carrière qui me permettrait de reprendre ces enseignements. D’évidence c’était peut-être aussi la fin d’un cycle pour moi.   

Prendre un envol vers d’autres horizons       

     J’avais eu l’opportunité de travailler, à la demande au départ de Meusinvest actionnaire de la spin-off, sur un projet de compagnie aérienne qui devait opérer au départ de Liège. Ma mission consistait à en améliorer les études de marché puis le business plan en général avec l’aide d’autres partenaires universitaires que j’avais sollicités. Le projet me séduisait et j’ai finalement décidé de m’y investir pour en devenir également actionnaire. A ce titre c’est moi qui ai porté en fin de compte à la fois le projet industriel innovant, avec TNT comme partenaire potentiel, mais aussi la levée de capitaux auprès d’un grand nombre d’investisseurs. Une belle occasion de mettre en œuvre un large spectre de mes compétences et de découvrir sur le terrain de nouvelles facettes de l’entrepreneuriat. Malheureusement, après deux années de travail et de nombreuses rencontres, Meusinvest m’annonçait qu’ils avaient perdu confiance dans les porteurs initiaux du projet, en suite de quoi je m’en retirais moi aussi. FlyUp n'a pas décollé (enfin si car Fly Up est devenu en 2013 le slogan d’une compagnie israélienne qui a opéré jusqu’en 2018)... mais j’ai pour ma part découvert le secteur aérien et l’environnement de Liège Airport.
     Piqué par la curiosité d’une offre d’emploi, j’ai postulé (pour la première fois de ma vie en réponse à une annonce) comme marketing manager à l’aéroport de Liège. Interviewé par une société de chasseurs de têtes, je n’ai pas obtenu le poste dans un premier temps... Mais quelques mois plus tard il s’est transformé en mission de conseil pour deux années. Carte blanche pour dessiner une stratégie marketing mais aussi optimiser les revenus extra-aériens. Comme résultat, une charte graphique, des concepts de marques et un positionnement d’une part comme référence internationale du fret aérien avec FLEXPORT® et pour les service aux passagers, qu’ils soient touristes ou d’aviation d’affaire, avec SIMPLIFLY®.
     Après deux années l’aéroport m’a demandé d’augmenter mes prestations. Cela coïncidait avec la fin de mes suppléances de cours et j’ai donc démissionné dans un premier temps partiellement de mes engagements vis-à-vis de l’Université... pour finalement décider de confier totalement les rênes du CLEO et de nos projets de recherches à long terme à mes collègues qui continuaient à s’inscrire dans un parcours universitaire.  

La direction commerciale d’un des fleurons du développement régional             

     Ma position de conseiller de l’aéroport m’amenait de plus en plus à assumer des responsabilités exécutives et à partager les mêmes lieux de décision et d’action que les cadres importants de l’entreprise. Le statut de consultant ne correspondant plus vraiment aux fonctions qui m’étaient confiées. J’ai donc accepté d’intégrer à temps plein ce qui était encore pour moi le « Projet Liège Airport » à un moment charnière de son développement mais aussi du développement de la Région.
     Devenir la référence internationale des aéroport dédiés au fret aérien full cargo, diversifier les sources de revenus et maximiser l’impact social positif global de l’entreprise. Des objectifs ambitieux que je me suis auto-assignés, bien entendu en droite ligne avec la vision portée par le CEO et le Conseil d’Administration qui me confiaient cette mission. Il ne s’agissait plus d’être un conseiller de l’ombre comme je l’avais souvent été mais d’assumer la visibilité de ces objectifs personnels. J’ai donc veillé par le dialogue et « l’inspiration » à les faire émerger au sein des équipes que j’ai prises en charge, mais aussi chaque fois que c’était possible à les faire percoler au sein de toutes les couches managériales et opérationnelles de l’aéroport et de ses partenaires.
     Certes l’aéroport était alors le hub principal de TNT, l’un quatre principaux expressistes mondiaux qui restaient alors, mais l’enjeu était aussi d’en faire la base d’autres opérateurs du fret aérien, de devenir une référence internationale dans ce domaine, et de diversifier ses sources de revenus. Mon domaine de spécialité universitaire était par ailleurs l’évaluation de l’impact social (mes premières recherches portaient sur les dépôts de déchets nucléaires) et j’ai aussi accepté le défi de participer au développement de l’aéroport car il était selon moi primordial de maximiser réellement, et pas seulement en communication, les aspects positifs et l’engagement social global de l’aéroport dans toute sa zone d’influence. L’aéroport est véritablement, pour Liège et la Région wallonne un (ré)acteur de développement, durable en termes économiques et d’emploi, qui se doit d’être également soutenable en termes environnementaux. Cette responsabilité va de pair, depuis sa création, avec le bien-être et le dialogue avec les riverains qui sont au cœur d’une vision sociale et environnementale innovante et encore inédite en Europe

Diversifier et optimiser les activités

Vols passagers

     En termes de diversification, le développement de l’axe « passagers » me semblait une évidence. Celui-ci repose non seulement sur une demande mais aussi sur une valorisation qui reste positive auprès du « grand public » et pas seulement des autorités. L’activité de jour de l’aéroport (qui représente moindre impact environnemental) était loin d’être saturée et la capacité du terminal n’était exploitée au mieux qu’à 20% par des tours opérateurs.
     Or Liège Airport est situé au cœur d’une des zones de chalandise les plus denses d’Europe et toutes les études récurrentes que j’ai mises en place ne cessaient de démontrer qu’un marché existait en Belgique mais aussi en France, aux Pays-Bas et en l’Allemagne. Des expériences concluantes ont permis confirmer ce potentiel pour des liaisons « de niche » comme Tel-Aviv ou Tirana par exemple mais aussi avec la Corse. Autre essai concluant, la mise en place de vols charters avec la Chine, les premiers du genre en Europe ! Là c’est la position centrale de Liège pour que des touristes puissent réaliser des visites pan-européennes qui s’est imposée mais aussi la flexibilité et l’adaptabilité dont toutes les équipes de l’aéroport ont su faire preuve en offrant les services « culturellement adaptés » et personnalisés à la clientèle chinoise.
Un case study pour une compagnie aérienne "Eurégionale"
      Faire de l’aéroport la base de compagnies aérienne passagers a non seulement fait l’objet d’un travail de prospection commerciale et de marketing d’affaires mais aussi d’une approche plus innovante consistant à « se mettre à la place » d’une compagnie qui démarrerait des opérations à Liege Airport. C’est ce que les autorités de l’aéroport m’ont donné la latitude de faire en collaboration avec Paul Sies (Ex Commerial Director de Virgin Express en Belgique, et management consultant de nombreuses compagnies aériennes). Nous avons à ce tire re-développé un projet de compagnie aérienne « potentielle » afin de stimuler des investisseurs et de démontrer au travers d’un business plan les atouts de Liege Airport, mais aussi les besoins et les conditions de viabilité d’une activité passagers pour un opérateur. Les conclusions en étaient que cela impliquait des efforts conséquents en termes de marketing auprès d’une clientèle cible transfrontalière et multiculturelle. Au terme d’une vaste opération de présentation de ce « case study », un fond d’investissement a été levé et porté par plusieurs actionnaires pour mener des missions du soutien au développement de nouvelles activités.  

Zones de développement économiques

     Des zones de développement offrant un potentiel extraordinaire entourent l’aéroport. C’est à la SOWAER qu’il a été confié, comme pour les projets immobiliers en lien avec les riverains, d’en assurer la viabilisation dans un premier temps. J’ai à ce stade servi d’interface entre ces aspects opérationnels et les enjeux de développement plus globaux de l’aéroport. Ceci m’a donné l’opportunité d’intervenir à un stade précoce pour tracer à la fois la stratégie de commercialisation mais aussi de designer les « produits » immobiliers concrets potentiels.
     La première phase d’aménagement a concerné une zone dédiée à la logistique aéroportuaire dans tous ses aspects. Une « deuxième ligne » en lien direct avec les opérateurs de piste. Son principe et sa raison d’être étant d’élargir l’offre de services de l’aéroport, dans la même logique de flexibilité et d’adaptabilité que celle qui est offerte aux compagnies aériennes, pour tous les opérateurs et acteurs du fret aérien. Le concept Flexport® que j’avais déjà élaboré comme outil marketing en ciblant les clientèle du bio-phrama, du périssable et des animaux vivants par exemple, mais aussi de l’express et de l’e-commerce qui connaissaient encore la plus forte croissance, prenant ici sa pleine dimension.   

Immobilier de bureaux et commercial

     Cependant l’immobilier aéroportuaire ne concerne pas nécessairement que les opérateurs directs en lien avec l’activité. Un aéroport est un nœud, un point focal pour une région, qui jouit d’une notoriété et d’un prestige presque « naturel ». Il était donc aussi important de capitaliser sur cet atout dans la stratégie de diversification, mais aussi dans la logique de responsabilité sociale de l’aéroport vis-à-vis de tout le tissus économique de la région.  Un premier bâtiment de bureaux a été construit à proximité directe du terminal passagers. Un challenge assumé sans assurances de revenus locatifs avant sa construction qui s’est soldé par un taux de remplissage de plus de 90% au moment de son inauguration. La stratégie commercial que j’ai mise en place et concrétisée en prospectant moi-même les locataires potentiels a donc porté plus que ses fruits, si je précise que le niveau de prix et des prestations offertes ont constitué le nouveau benchmark et la nouvelle référence premium.
     On peut dire que ce premier bâtiment a pu servir aussi de « démonstration de concept » pour d’autres opérateurs à qui a été dédié la zone Airport City qui peut accueillir de l’immobilier de bureaux et des activités de loisirs et de services en lien avec l’activité passagers de l’aéroport.   

Un écosystème et une véritable communauté de partenaires

     Faire de Liège Airport une référence mondialement reconnue impliquait à la fois d’être à la pointe de l’innovation mais aussi de faire rayonner ses réalisations et son savoir-faire. Un travail de réseau dans tous les sens du terme car l’aéroport est un écosystème dont l’opérateur aéroportuaire n’est au final qu’une « condition de possibilité » ou un ensemblier. A ce titre aucun succès n’est possible sans un maillage efficace de plusieurs acteurs. Le rôle de développement qui j’ai assumé était bien entendu de créer de nouvelles opportunités avec des nouveaux acteurs mais aussi de soutenir efficacement tous les opérateurs et donc d’être en contact avec eux sur le terrain et à l’international.
     Du marketing d’affaire ou relationnel dans les deux axes. Dans les foires et salons dédiés aux secteur sur tous les continents, c’est une véritable  « communauté cargo » Liège Airport que j’ai contribué à fédérer en offrant à chacun la visibilité et les facilités dont il avait besoin. Permettre aux membres de mon équipe de participer aux conférences et évènements spécialisés en tant qu’acteurs et non seulement spectateurs a également fait partie de cette stratégie de rayonnement. Dans la même logique, l’accueil de délégations étrangères à pris une dimension qui dépassait les « relations publiques » et des logiques de partenariats de développement se sont aussi créés. L’activité des aéroports repose sur le fait d’être en liaison avec d’autres points du monde et le développement conjoint est dès lors une piste trop souvent négligée à mon sens par les aéroports en termes d’études de marché et de marketing.   

Consultance et formation

     Dans cette logique, face à une demande nouvelle qui émergeait très pressamment, un département consulting services a été créé. Les demandes qui nous étaient adressées étaient souvent liées au développement de l’activité cargo dans des aéroport qui n’en exploitaient pour la plupart pas le plein potentiel. Ayant mis en place une équipe commerciale relativement autonome et la stratégie marketing étant entrée dans une phase de management plus exécutif, j’ai pu dégager du temps pour me consacrer à cette nouvelle activité.
     C’est ainsi qu’au-delà d’Aéroports de Paris, actionnaire privé de référence à Liège Airport, j’ai pu conseiller d’autres aéroports ou groupes aéroportuaires dans le cadre de missions parfois de longue haleine. Le renouvellement de concessions est souvent un moment ou les candidats opérateurs doivent présenter à la fois leur stratégie mais aussi des perspectives de développement basées sur une analyse du marché : précisément le domaine d’action pour lequel je pouvais apporter une contribution pertinente.
     Une autre demande a alors émergé : former des équipes managériales et des cadres au différents aspects du fret aérien. Dans ce cadre, j’ai peu développer par exemple des référentiels destinés à des managers de départements liés au fret dans les pays émergents pour ADP.  J’avais également la chance de pouvoir servir d’interface entre l’aéroport et l’université dont j’étais issu mais aussi d’être familier avec à la fois de domaine du conseil et de la valorisation du savoir-faire. Est ainsi né un département «consulting services » au sein de l’aéroport.  

L'expartiation

     Le décès de mon épouse Patricia a constitué un moment charnière. Je me suis retrouvé en plein questionnement sur le sens que je donnais à la vie que je menais. La conviction intime que je devais changer de lieux, d'environnement et en revenir à mes valeurs fondamentales me sont apparus comme une évidence. J'avais eu l'occasion de faire avec Patricia un très beau voyage à l'île Maurice (qui avait été annulé une première fois au moment du diagnostic de sa maladie) et quelques jours avant son décès Patricia m'a dit que je devais profiter de la vie et retrouver la joie que nous avions partagée lors de ce séjour dans l'océan indien. J'ai donc fait mes valises pour un nouveau voyage à Maurice en ayant l'intuition que je pourrais peut-être y déposer mes valises. Des rencontres m’ont ensuite conduit à découvrir l'île de la Réunion, ce petit bout de France dans l'océan indien où les paysages sont multiples et le mélange des cultures sans doute unique au monde. L'île « intense » m'avait séduite et c'est là que j'ai décidé assez rapidement de m'expatrier. 
     J'ai pu négocier avec mon employeur la fin de mon contrat tout en négociant de poursuivre une collaboration dans les domaines du conseil et de la formation à une échelle internationale. Ceci m'a donné l'occasion de poursuivre des missions pour différents aéroports dans des pays émergents et Madagascar particulièrement. Ce fût également pour moi l’occasion d’organiser de grands congrès à portée internationale comme le « Air Cargo Excellence Forum » qui a pris les allures d’une conférence Ted, avec des contributeurs tant scientifiques qu’experts de terrain, et une diffusion dans le monde entier. 
     Mais mon souhait le plus profond était d'en revenir à des activités qui faisait sens pour moi dans le domaine de la recherche, de la création et du bien-être. J'ai ainsi eu l'occasion de me former dans de nombreuses disciplines de la psychologie positive et particulièrement également à l’hypnothérapie et la thérapie symbolique d'inspiration jungienne. Pratique que j'ai pu exercer pendant deux années en cabinet libéral. 
     Mes formations et mon expérience de photographe et dans les domaines du marketing et de la publicité m’ont également amené à m'associer à la création d'une société de production audiovisuelle et de conseil pour laquelle je suis devenu directeur de création. Cependant, même si la production de fiction était un objectif, c'est dans la réalisation de spots publicitaires et le conseil dans le domaine des réseaux sociaux que notre activité s'est principalement développée... et j'ai dû faire le constat que je revenais dans la sphère de l'hyper efficacité et dans une relation au monde en permanente accélération que j'avais souhaité quitter. Après quatre années passées dans cet endroit magique, qu'on ne devrait hypothétiquement jamais quitter, et de nombreux voyages, j'ai quand même fait le choix de revenir en Belgique, pour me rapprocher de mes parents je crois, avec l'ambition d'y poursuivre mes activités de conseil et d'accompagnement.

Retour en Belgique - période COVID

     De retour en Belgique j'ai ainsi mis en place tout ce qui était nécessaire pour me relancer en cabinet libéral comme hypnothérapeute et me donner l'occasion de garder les activités de conseil et de formation que j’avaient déjà entreprises à la Réunion. Mais le contexte en a décidé autrement. La COVID a fait son apparition et cet élément extérieur que je ne pouvais maîtriser a complètement mis à mal ce que j'avais planifié. D’abord malade très sévèrement moi-même, il m’a ensuite été impossible pendant de longues périodes de recevoir en consultation ou d'organiser les formations que j'avais prévues. Impossible aussi de voyager vers les pays avec lesquels j'avais noué des partenariats. Mes réserves de trésorerie on naturellement fondu comme neige au soleil et j'ai dû accepter le constat que ce projet dans la continuité de mon expérience d’expatriation était un échec. Un atterrissage non sans douleur auquel s’est enchainé aussi le décès de mon père. 
     Me relancer dans une recherche d'emploi s'imposait et le secteur socioculturel qui m’a toujours attiré me semblait une alternative crédible pour passer ce cap. Tout en mettant à profit cette période d’arrêt de travail contraint pour me former à l’animation socioculturelle et me plonger dans le bain de ce secteur dans lequel je n’avais pas de véritable expérience professionnelle, c'est vers la coordination dans ce domaine que j'ai dans un premier temps tenté ma chance. Mais les places sont rares et les candidats très nombreux. De candidatures en candidatures qui me demandaient beaucoup de préparation et n’aboutissaient généralement qu’a un jury final sans être retenu je me suis senti à la fois découragé et lucide. Mon éclectisme pleinement conscient ne me servait pas ici, pas plus qu’un cv qui semblait faire peur par les postes que j’avais occupé ou les diplômes que j’accumulais. 
     J’ai envisagé de revenir à des fonctions plus commerciales ou de conseil en développement, et assez souvent mes candidatures se passaient plutôt bien. Mais au fond de moi, je savais que cette option ne m’épanouirait pas, et les recruteurs me le reflétaient en mettant en doute l’intérêt réel que je pourrais porter à long terme aux fonctions qui m’étaient proposées.

Ne pas renoncer

     Sensibilisé à la problématique des addictions, qui est un réel fléau dans l’île « carte postale » que j’avais quittée, j’ai aussi profité de ce temps disponible sans travail fixe, entrecoupé de courtes missions redevenues possibles, pour entreprendre des études qui ne m’étaient normalement pas accessibles. Ayant convaincu le jury que mon profil pouvait apporter quelque chose au réseau de soin en santé mentale lié aux addictions, j’ai pourtant été admis au certificat inter-universitaire organisé par la société scientifique de médecine générale, l’ULB, l’UCL et l’ULiège. Si ce retour sur les bancs universitaires comme étudiant n’a pas été facile (entouré de futurs médecins, infirmiers et de quelques psychologues j’avais beaucoup de connaissances biomédicales à « rattraper ») ce fût pourtant une nouvelle révélation. Apprendre et élargir le champ de mes connaissance est vraiment ce qui me passionne. Première expérience pour moi d’un examen organisé, comme en médecine, sous la forme d’une évaluation de la connaissance globale des 34 matières à mon programme... fait ! Puis la rédaction d’un travail de fin d’études. Et là, re-révélation, j’étais en train d’écrire une « presque » thèse, seul le temps m’a contraint à limiter l’ampleur de mon travail de recherche, et je m’épanouissais.
     Direction recherche d'emploi dans la recherche... Je postule à des postes de direction dans l'Administration de l'Université pour lequel les personnes qui ont connu mon parcours m'ont convaincu que j'avais le profil qui "matchait". Et en effet ma première candidature aboutit une fois encore à un jury final... mais pas à un emploi. Projet de recherche sur l'évaluation de la recherche... "vous avez un super profil mais nous avons beaucoup de candidats qui ont un profil exceptionnel".
     Je ne me décourage pas et je prends en même temps conscience que je vise des postes pour lesquels ma part de créativité va peut-être être limitée. Alors je poursuis en parallèle d’autres projets artistiques et je me fais accompagner pour évaluer la faisabilité d’un projet dont les contours étaient encore flous. Après quelques mois les contours de ārt.art avaient vu le jour et j'avais pu évaluer lucidement que ce serait une activité passion et non un métier. Mais je savais aussi que je ne renoncerais pas à garder un peu de mon temps pour créer et partager avec d’autres artistes et créateurs.

L'opportunité inattendue de faire une thèse

    J’avais bien déjà télécharger les réglementes de l’École doctorale en Sciences Politiques et Sociales de l’ULiège en rêvant un peu que si ça pouvait être possible... J’avais même déjà mon projet en tête et je me disais que j’en ferais bien une première ébauche, une sorte de pitch. En rassemblant les thématiques qui m’avaient intéressées tout au long de mon parcours j’ai alors couché d’abord sur un grand tableau puis sur papier une ébauche de questionnement sur les conditions élémentaires de possibilité des société humaines et la notion de progrès. « Conscience, Confiance et Contingence » voilà un titre et trois axes qui me permettaient d’aborder la question d’un point de vue sociologique, analytique, philosophique et politique. J’en discute autour d’un café avec mon ancien directeur de mémoire que je n’avais plus vu depuis de nombreuses années... qui semble enthousiaste et m’invite vivement à poursuivre ma réflexion tout en me suggérant des pistes et des personnes ressources. Mais en matière de ressources... je ne voyais pas comment financer ce projet. 
     Puis arrivent deux offres d’emploi consécutives publiées par une équipe que je ne connais pas mais qui semble travailler dans les axes de recherche et les méthodologies que je connais, qui m’intéressent et qui semblent vraiment compatibles avec mon profil. Après des échanges sur la première offre d’emploi nous convenons qu’il s’agit d’un travail un peu trop « terre-à-terre » par rapport à mon expérience et mes aspirations. Quelques mois plus tard je re-tente ma chance mais cette fois dans le cadre d’une recherche qui explicitement mentionne la réalisation d’une thèse doctorale. Je crains d’être en concurrence avec de jeunes aspirants chercheurs fraichement diplômés et surmotivés mais je me dis que cette fois j’ai vraiment une opportunité qui correspond à ce que je veux réellement faire. Dans un premier temps les échanges portent une fois encore sur le thème de « Est-tu certain que tu n’as pas d’autres opportunités de plus haut niveau avec ton expérience et tes compétences multiples ? ». Puis se pose des questions administratives relatives au statut qui m’est proposé et les différents postes que j’ai déjà occupés auparavant... J’y crois. Retour positif de l’Administration, entretien qui se passe très bien selon mes critères... Coup de téléphone pour préciser certains points... Puis attente de quelques jours qui semble une éternité. Jusqu’au message qui me dit en gros « Le poste est pour toi et tu as commencé hier ».

Chercheur - Doctorant à l'ULiège - ESPRIst

     Je bénéficie actuellement d’une bourse de doctorat dans le cadre du projet Interreg Capaciti sous l’autorité de Nathan Charlier, directeur la plateforme interfacultaire ESPRIst. Ce projet a pour objectif d’étudier et de favoriser la participation des jeunes. Un sujet qui touche à la fois à leur droit d’être entendus dans les affaires qui les concernent mais aussi à la manière dont ils peuvent influencer les structures sociales et politiques qui régissent leur vie actuelle et future. 
     Sur la base des questions adressées par cette recherche spécifique qui porte son attention sur des situations « à la marge » ou aux limites du champ de la participation (jeunesse et vulnérabilités), tant d’un point de vue épistémologique que pragmatique, je souhaite explorer plus généralement leurs implications en termes de conditions de possibilité de la citoyenneté et de l’engagement dans la société. Je poursuivais donc une recherche doctorale dont la thèse a pour thème Le droit à la participation. Défis et enjeux sociologiques et politiques. 
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