Le droit à la participation. Défis et enjeux sociologiques et politiques.
Mes recherches actuelles portent sur les conditions effectives de la participation, en particulier lorsqu’elle concerne des publics dont la parole, la capacité d’agir ou la légitimité demeurent fragiles. Au cours de l’année écoulée, mon travail s’est précisé autour d’un déplacement important. Au-delà du droit à la participation comme principe juridique ou politique, ce sont les conditions sociales, relationnelles, institutionnelles et éthiques dans lesquelles une participation peut devenir crédible et transformatrice que j'explorent en profondeur. Ce déplacement m'a conduit mener mes terrains d'enquêtes auprès de différents publics de jeunes et d'enfants en mettant à l'épreuve les notions de respect, de dignité, de confiance et de reconnaissance.
Une partie importante de ce travail a consisté à approfondir la notion même de participation. Cette clarification a notamment été nourrie par plusieurs travaux d’écriture et de communication, dont un texte en cours d'édition intitulé Quelle participation ? Pour quoi participer et inviter à participer ?. Cette réflexion vise à mieux distinguer les différents régimes de participation, à interroger leurs usages contemporains et à mettre à l’épreuve leur lisibilité à partir des préoccupations d’acteurs de terrain.
En parallèle, un autre axe s’est consolidé autour des aspects éthiques de la participation des enfants à la recherche. Ce chantier dépasse les seules questions procédurales du consentement ou de l’autorisation parentale. Il m’amène à interroger la qualité relationnelle des cadres de recherche eux-mêmes : leur lisibilité, la possibilité réelle de retrait, la sécurité d’expression, la portée de la parole recueillie et les formes de responsabilité assumées par les adultes ou les chercheurs qui organisent la participation. Ce travail nourrit progressivement une réflexion plus large sur une éthique relationnelle de la participation.
Dans le cadre d’une recherche évaluative et participative menée avec l’équipe ESPRIst à la demande de la Fédération francophone des Écoles de Devoirs, j’ai contribué à la conception du dispositif méthodologique, à l’animation de terrain et à l’analyse qualitative du matériau recueilli. Pour ma thèse, ce terrain est particulièrement fécond parce qu’il donne accès à une écologie de la participation traversée par des inégalités sociales, culturelles et scolaires, tout en offrant un espace où les enfants peuvent qualifier leur propre expérience et discuter ce qui compte réellement pour eux. La méthodologie développée dans ce cadre est devenue elle-même un objet de réflexion. Le recours au photolangage, à l’image comme médiation, aux échanges collectifs et aux retours réflexifs ne visait pas seulement à recueillir des données, mais à expérimenter des conditions de possibilité d’une participation enfantine effective. Ce travail m’a conduit à déplacer certaines hypothèses méthodologiques classiques. L’enjeu n’est pas d’abolir fictivement toutes les asymétries, mais de comprendre à partir de quel moment elles produisent une inégalité de considération, une absence de réciprocité dans le respect, ou une dévaluation préalable de certains sujets comme interlocuteurs. C’est à ce niveau que les questions de dignité et de respect sont devenues décisives dans mon travail.
L’actualité de mes recherche tient donc à un double mouvement. D’un côté, les terrains empiriques rendent plus visibles les médiations concrètes qui permettent ou empêchent une participation effective. De l’autre, un travail théorique conduit à reformuler la participation à partir d’une exigence plus profonde de respect et de crédibilité accordée aux sujets concernés. C’est dans cet espace, entre enquête, réflexion méthodologique, et théorie politique, que se poursui actuellement ma recherche.
Textes en cours, conférences et communications
Cette page donnera progressivement accès à une sélection de communications, d’abstracts, de manuscrits provisoires et de textes de travail liés à mes recherches en cours. Ces documents permettront de suivre l’évolution du questionnement, ses déplacements théoriques et ses inscriptions dans différents espaces de discussion scientifique.